Spécialisée en photographie de mariage et de portrait, Aurore cultive un style cinématographique, doux et poétique, né d'un parcours aussi atypique que sincère. Elle a accepté de partager sa méthode complète pour créer des photos uniques et ses conseils pour tirer le meilleur d'un fond blanc en studio. On lui laisse la parole.
Tout commence par un moodboard
Avant même de penser à la lumière, au modèle ou au matériel, je pose tout sur papier. Le moodboard, c'est ma boussole. Sans lui, je tourne en rond, avec lui, chaque décision devient une évidence.
Je me pose systématiquement les mêmes questions au départ :
- Le sujet : qui est-ce que je veux photographier, et qu'est-ce que je veux montrer ?
- L'atmosphère : des textures, de la matière, quelque chose de graphique ? Ou quelque chose de vivant, en extérieur ?
- Le décor : quel cadre sert le mieux l'intention de l'image ?
- La technique : quel matériel, quelle lumière, pour un rendu flou ou net ?
- Le stylisme : maquillage, coiffure, vêtements et tout ce qui participe à la cohérence visuelle.
Ce travail en amont peut sembler laborieux, surtout quand l'idée n'est qu'à l'état d'ébauche ou que les contraintes de matériel limitent les possibilités.
Mais c'est exactement là que le moodboard est le plus utile : il force à clarifier ce qu'on veut vraiment, avant de se retrouver sur le terrain sans direction.


Une fois le moodboard posé, je constitue mon équipe : modèle, maquilleuse, coiffeur… On se contacte, on cale la date, et la machine se met en route !
J'aime faire des tests lumières seule, avant la séance. Pour vérifier si mon idée de départ tient vraiment la route ou si elle mérite d'être repensée.
Si quelque chose ne fonctionne pas pendant ces tests, je ne force pas. Je ressors mes livres, je regarde des vidéos (notamment celles de Lindsay Adler), pour m'aider à débloquer une situation.
La préparation, c'est aussi savoir reconnaître quand il faut revoir sa copie.
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💡 Comment je trouve mes idées Trouver des idées, ce n'est pas une inspiration qui arrive par hasard, c'est un état d'esprit permanent. J'observe les lumières dans les films et les séries en me demandant comment elles ont été construites. Un vêtement dans une vitrine peut déclencher tout un scénario dans ma tête. Une idée saugrenue peut devenir une image incroyable, et inversement. Je le fais parce que j'en ai besoin. Transformer ce que j'imagine en quelque chose de visible, c'est ce qui me fait avancer. Dans un monde saturé d'images consommées en une fraction de seconde, je continue de créer pour ceux qui prennent le temps de regarder vraiment. |
Éditer et retoucher : ma technique pour y passer le moins de temps
La retouche, ce n'est pas ma partie préférée : passer des heures derrière un écran à éditer, c'est ce que je supporte le moins dans ce métier. Et c'est précisément pour ça que j'ai cherché une méthode qui me permette de réduire ce temps au maximum, sans compromis sur la qualité.
La réponse se trouve dans la philosophie que Nath Sakura enseigne : apprendre la technique pour pouvoir l'oublier ensuite.
Ce n'est pas un raccourci, c'est l'inverse.
Comprendre réellement l'exposition, maîtriser l'optique et ses lois, éduquer son œil : tout ça, ça s'apprend. Et une fois que c'est acquis, la retouche se résume à l'essentiel.
J'édite sur Capture One ou Lightroom selon les photos. Les deux outils ont leurs forces et j'adapte mon choix en fonction du rendu recherché.

💡 Ma conviction
Mesurer sa lumière correctement, comprendre l'optique, travailler son œil vous aidera mille fois plus que n'importe quel preset tout fait.
Moins de retouche, c'est plus de temps pour ce qui compte vraiment : créer.
Mes astuces pour utiliser un fond papier blanc
Le fond blanc peut sembler basique. Mais entre les mains de quelqu'un qui maîtrise la lumière, il se transforme en l'un des outils les plus polyvalents qui existe en studio.
D'un fond blanc, on peut obtenir du gris, du noir, ou n'importe quelle couleur. Ce n'est pas le fond qui change, c'est la lumière qu'on lui envoie.
Concrètement, voici comment je travaille avec un fond blanc :
- Gélatines colorées sur les flashs : très saturées, diluées, superposées, vous choisissez l'intensité et la teinte. Le point fort : les possibilités sont quasi infinies.
- Sous-exposer le fond : en ajustant la distance entre le sujet et le fond et en réduisant la puissance des lumières qui l'éclairent, le blanc devient gris, puis noir.
- Lumière rasante : en dirigeant votre source lumineuse très latéralement sur le fond, vous faites apparaître des textures et des dégradés impossibles à obtenir autrement.
Le conseil de Fond-photo.fr
Pour reproduire ces effets, la largeur du rouleau compte autant que la lumière. Le 1,35 m suffit pour un portrait serré ou un plan buste. Dès que le modèle est photographié en plein pied, ou que la lumière rasante doit courir sur le fond, il faut passer au 2,72 m pour ne pas voir les bords dans le cadre. Le blanc de référence de la gamme est l'Arctic White, disponible sur les deux largeurs.


Un dernier conseil : être vous-même
Il ne s'agit pas d'un conseil de plus à ajouter à votre checklist : c'est ce qui structure toute mon approche, depuis le moodboard jusqu'à la dernière retouche. Être soi-même donne une patte reconnaissable, une signature, une raison de continuer même quand c'est difficile.

Qui est Aurore Rainot ?
Aurore n'est pas devenue photographe par hasard : elle l'est depuis toujours, dans sa façon de regarder le monde. Enfant, certains films la marquent durablement : Roméo + Juliette de Baz Luhrmann, Le Cinquième Élément, Cœur de Dragon. Des univers radicalement différents, mais qui partagent une même qualité : ils construisent un monde visuel immédiatement identifiable.
Adolescente, elle dévore la presse musicale et cinéma, fascinée par ce qui se passe derrière la caméra : qui choisit les images, pourquoi, avec quel matériel, etc. La question ne la quittera jamais. Quand internet arrive, elle découvre le travail de David LaChapelle : pop, saturé, dérangeant, totalement hors du temps. Coup de foudre immédiat pour cet univers visuel qui ne ressemble à rien d'autre.
Elle intègre ensuite une première L option cinéma, puis tente un CAP photo en alternance à Paris, mais la conjoncture de 2007 l'en empêche. Elle se réoriente alors vers le social, sans jamais perdre de vue la photographie. Dix ans plus tard, elle décide de reprendre depuis le début, correctement, et comme elle en a envie.

Elle découvre alors Nath Sakura : de la couleur, des histoires, une maîtrise technique hors du commun. Aurore se forme via ses vidéos YouTube, ses livres, ses formations en ligne. Et construit, pas à pas, son propre univers, teinté de musique métal, de références cinématographiques, d'une sensibilité à fleur de peau.
Aujourd'hui, depuis son Studio Archydia à Gisors, en Normandie, elle photographie les mariages et les portraits avec un style doux, poétique et cinématographique. Pas pour être reconnue. Pour enfin raconter ses propres histoires.
Vous adorez son travail ? On vous invite à la suivre sur Instagram @studioarchydia et en découvrir plus sur son site archydiaphotographie.fr.
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